vendredi 1 juillet 2016

Douce Dame Jolie


"Douce dame jolie",  est certainement la chanson médiévale la plus connue qui ait résisté aux tourments des siècles, reprise de génération en génération depuis aussi connu sous le titre de Douce Dame, est une chanson du XIVème siècle écrite par le compositeur français Guillaume de Machaut. Ce morceau est un virelai, appartenant au style de l'ars nova. C'est une des chansons médiévales les plus reprises de nos jours.

"Douce Dame Jolie" interprété par Jean-Louis Christian Mougenot

Français original

Refrain :

Douce dame jolie,
Pour dieu ne pensés mie
Que nulle ait signorie
Seur moy fors vous seulement.
________

Qu'adès sans tricherie
Chierie
Vous ay et humblement

Tous les jours de ma vie
Servie
Sans villain pensement.

Helas ! et je mendie
D'esperance et d'aïe ;
Dont ma joie est fenie,
Se pité ne vous en prent.
________

Mais vo douce maistrie
Maistrie
Mon cuer si durement

Qu'elle le contralie
Et lie
En amour tellement

Qu'il n'a de riens envie
Fors d'estre en vo baillie ;
Et se ne li ottrie
Vos cuers nul aligement.
_______

Et quant ma maladie
Garie
Ne sera nullement

Sans vous, douce anemie,
Qui lie
Estes de mon tourment,

A jointes mains deprie
Vo cuer, puis qu'il m'oublie,
Que temprement m'ocie,
Car trop langui longuement.
__________


Français moderne

Refrain :

Douce dame jolie,
Pour (l’amour de) Dieu, ne pensez pas
Que nulle (autre) a pouvoir
Sur moi, que vous seulement
__________

(et songez) Que toujours sans tricherie
Chérie
(je) vous ai humblement

Tous les jours de ma vie
Servie
Sans viles arrière-pensées.

Hélas ! Et je mendie
L’espoir d’un réconfort
Et ma joie va s’éteindre
Si vous ne me prenez en pitié
________

Mais votre douce domination
Domine
Mon cœur si durement

Qu'elle le contrarie
Et le lie
En amour grandement

Qu'il n'a d’autre envie
Que d’être à votre merci ;
Et ne (m') octroie,
Votre coeur, aucun soulagement.
________

Et ma maladie
Guérie
Jamais ne sera

Sans vous, douce ennemie,
Qui vous régalez
de mon tourment.

À mains jointes, je prie
Votre cœur, puisqu'il m'oublie,
Qu’il me tue, par pitié,
Car il a trop longuement langui.
________

Une interprétation traditionnelle par Annwn (pr "Anounn"), 
un groupe allemand de Pagan-folk fondé en 2006.  

L'allemand Theo Bleckmann, né en 1966, est un chanteur de jazz et un 
compositeur de musique moderne resté fidèle à lamusique traditionnelle

Une version rock interprétée par le groupe allemand Schelmish, 
groupe de médiéval rock formé à Bonn en 1999 et dissout en 2012





jeudi 9 juin 2016

Ce soir je m'évade de ce monde de fous !

Publié initialement sur Facebook le 9 juin 2016

Entre les bombardements ukrainiens qui ensanglantent  Donetsk, les bruits de bottes qui résonnent en Pologne et  Lituanie, les manifs des sans dents dans les rues de France, la disparition dramatique des abeilles et les insultes de nos politiciens corrompus, j'avoue que certains soirs je désespère de ma propre espèce...

Aussi je m'enivre des parfums et des chants qui circulent encore, puissants et libres en marge de ce monde occidental décadent où toutes les valeurs sont inversées... 
J'y retrouve le rêve et l'énergie de cette âme européenne qui gardent en nos coeurs la foi et l'espérance pour continuer à se battre pour nos libertés et nos traditions...

Ici, entre musique classique et chant traditionnel, la merveilleuse et envoûtante interprétation des "Nuits de Moscou" par Anna Netrebko et Dmitri Hvorostovsky, devant les murs illuminés d'un Kremlin majestueux...

Erwan Castel


samedi 4 juin 2016

Le mémoricide de la Bretagne

Source, le lien ici : Le blog de Louis Melennec

Comment les bretons sont devenus français : 
pire que Daesh ! :

massacres, noyades, décapitations, viols, écrasements sous des pressoirs, tueries d’enfants devant leurs mères, êtres vivants jetés dans des puits : une vraie joie pour le peuple breton .

Publié le 25 mai 2015 par Louis M
Article numéro 1 

Entretiens sur les droits de l’homme, avec Louis Mélennec, docteur en droit et en médecine, diplômé d’études supérieures de droit public, de droit privé, de sciences criminelles, diplômé d’études approfondies de droit, ex- enseignant des facultés de droit et de médecine, historien de la Bretagne, ex-consultant près le Médiateur de la République française.

Ces entretiens inaugurent une série d’articles qui sont destinés à être connus et diffusés dans la monde entier. Les « journalystes » français les ont reçus. Un jour, ils auront la main forcée : rien ne peut arrêter la vérité, lorsqu’elle atteint ce degré d’horreur. Nous connaissons par coeur le processus : il suffit d’attendre. Il est infantile de croire que leurs manigances vont arrêter quoique ce soit.

EN 1789, 1793, 1794, LES ARMEES FRANCAISES DE LA LIBERTE ONT FAIT PIRE QUE DAESH, ET SUR UNE BIEN PLUS GRANDE ECHELLE : MASSACRES, PERSECUTIONS, DECAPITATIONS, PENDAISONS, VIOLS, NOYADES, DESTRUCTION DES CERVEAUX, HUMILIATIONS, ACCULTURATION, INSULTES IGNOBLES.

D’emblée, prévenons nos lecteurs : toute l’histoire de la Bretagne, sur Wikipédia, est étroitement contrôlée, maîtrisée, falsifiée. Cette entreprise de falsification est le fait de qui ? Devinez ? DE BRETONS !

Le martyre du peuple breton commence à peine à être connu. Par bonheur, des articles sont enfin parus en Russie, au Canada, en Suisse, en Allemagne, en Belgique, bientôt aux Etats Unis. La France, pays des non-droits de l’homme, a tout fait – comme la Turquie, et bien d’autres pays -, pour qu’on ignore l’ampleur des effroyables dégâts qu’elle y a commis, et pour que l’on croie à l’imposture absurde qu’elle a réussi à imposer aux Français et à de nombreux pays du monde : qu’elle a inventé les droits de l’homme , alors que ceux-ci sont une conquête de plusieurs millénaires de notre civilisation occidentale toute entière, à laquelle notre civilisation bretonne, par sa littérature des chevaliers de la table ronde, du roi Arthur et autres héros, de leur idéal élevé, a fortement contribué.

La France a envahi la Bretagne à trois reprises à la fin du 15ème siècle. Les armées bretonnes ont été anéanties à Saint-Aubin-du-Cormier, en juillet 1488, par un envahisseur très supérieur en nombre, qui préparait cette invasion depuis des générations. Le pays a été annexé en 1532, par un acte camouflé en un faux traité. Une longue colonisation, a suivi, jusqu’en 1789, année durant laquelle s’est produite une « révolution », ridiculement dénommée par les Français jusqu’à ces dernières années comme la révolution des droits de l’homme. (Cf. L’article de Louis Mélennec sur la colonisation de la Bretagne, par Google).

Le martyre du peuple breton commence précisément cette année là. La monarchie française, après l’annexion, n’avait pas osé abolir toutes les institutions bretonnes. Les Bretons avaient conservé une Assemblée nationale (dénommée « Etats de
Bretagne »), et le droit de légiférer et de voter ses impôts. La « république » – ce que les Français désignent sous ce vocable – fait entrer les Bretons dans un long calvaire, qui n’est pas encore terminé. Les séquelles ne guériront jamais, pas davantage que celles des Juifs et des Arméniens. La langue bretonne, objet de persécutions incessantes à partir de 1790, conduites avec une grande cruauté, est en voie d’extinction programmée. L’interdiction d’enseigner l’histoire du peuple breton dans les écoles entretient une ignorance dramatique de la population, qui n’accède à la vérité que peu à peu, avec stupéfaction, et avec réticence, tant il est vrai que leur cerveau a été labouré par la France de 1789 à nos jours.

Les complices – en particulier ceux qu’on dénomme les « subventionnés -, se taisent.

A l’heure actuelle, le génocide breton n’a fait l’objet d’aucun film. Cela va venir. Les Bretons sont responsables de ce silence, par leur lâcheté, mais aussi par une peur très réelle, entretenue par la France. La complicité des politiques, qui se taisent, et des médias « subventionnés », qui collaborent, est effrayante.

La shoah bretonne de 1793 et 1794. En 1789, quelques philosophes, des hommes de lettres, des politiques, rédigent un texte devenu célèbre, sous le nom de « Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen ». En quelques pages concises, ces hommes, résumant les idées de leurs prédécesseurs – qu’ils n’ont en aucun cas inventées -, énoncent et définissent ce que doivent être les droits de tous les êtres humains, sans exception. C’est de ce texte, d’une grande élévation de pensée – ce que personne ne conteste -, qui recopie à peu de choses près, la déclaration des Etats Unis de 1776, laquelle dit exactement la même chose, que va naître l’imposture française. Les Français attendent toujours la mise en application de ces principes : en vain.

Après la mise à mort du roi Louis XVI, en 1793, une répression terrible s’abat sur la partie Ouest de la France, particulièrement la Vendée « militaire », au sud de la Loire, et sur les Bretons appelés « Chouans » au nord.

Le Comté de Nantes a été rebaptisé «Loire inférieure», appellation particulièrement ridicule, par les révolutionnaires. Ces populations, habituellement pacifiques et accueillantes, sont coupables de se révolter contre les massacres commandités par Paris, de défendre leurs convictions religieuses, de rester attachées au régime monarchique, et, pour les Bretons, de rester attachés aux Libertés et privilèges de leur Pays, – ce dont ils ont témoigné avec force dans leurs cahiers de doléances, en 1788 et en 1789 -, dont ils ont été sauvagement privés, d’une manière humiliante, par les doctrinaires et les dérangés mentaux qui se sont emparés du pouvoir à Paris…

Des crimes sans nombre sont commis par les soldats français, sur les ordres réitérés de Paris.

Les abominations commises dépassent, de loin – non par leur nombre, certes, mais par leur caractère monstrueux -, celles causées par les nazis en Europe.

Des hommes sont émasculés ; d’autres sont coupés vivants en morceaux ; d’autres sont jetés dans des fours, dans des brasiers, ou dans des chaudrons d’huile bouillante; la graisse humaine est récupérée pour lubrifier les canons, les roues des charrettes, les fusils. Ceux qui cherchent à s’enfuir, ont les bras et les jambes coupés. On introduit des charges explosives dans le corps des individus, et on y met le feu ; les femmes sont violées en série, si possible collectivement, devant leurs familles; on les embroche avec des fourches, alors qu’elles sont vivantes ; mieux : pour empêcher cette vermine de se reproduire, on éclate avec des fusils leurs organes génitaux… Des femmes enceintes sont écrasées sous des pressoirs. Le ventre d’autres femmes enceintes est ouvert, on y met de l’avoine, et on y fait manger les chevaux. Les enfants sont des proies de choix : on les tue, sans pitié, souvent devant leur mère, parfois en les écrasant, comme des insectes (on rapporte un cas atroce : celui d’un enfant au sein, transpercé par la même baïonnette que sa mère, sous les applaudissements du commandant). La peau des hommes est utilisée comme le cuir des animaux : après dépeçage des « brigands » (ainsi les dénomme-t-on, ce qui économise le temps de toute procédure judiciaire), on tanne, on traite, on se sert du cuir obtenu pour différents usages, notamment pour fabriquer des culottes aux officiers français (le musée Dobrée, à Nantes, a conservé l’une de ces reliques).

Nantes, métropole économique de la Bretagne, qui fut la capitale politique brillante du Duché, en même temps qu’un centre important de la diplomatie européenne, est particulièrement visée. Les agissements du sinistre Carrier, en Loire Inférieure – département éminemment breton -, sont restés célèbres : outre les traitements ci- dessus, pour gagner en efficacité, on met au point une technique spéciale de noyade, adaptée à la vermine bretonne : on enferme une centaine de malheureux sous le pont d’un bateau, on condamne les sorties, on coule le navire dans la rivière; on perfectionne le procédé : on jette par centaines des habitants, non sans les avoir brutalisés avec une cruauté inhumaine, dans des barges qui s’ouvrent par le fond ; la méthode est rapide, le bateau est récupéré intact, et sert à d’autres exercices ; des hommes et des femmes sont liés ensemble, avant d’être jetés à l’eau, dans des positions souvent impudiques, le père avec la fille, la mère avec le fils : c’est la technique dite du « mariage révolutionnaire »; des noyades pour enfants sont organisées. La Loire est baptisée « baignoire nationale ». Carrier commente, admiratif : « Ah! La Loire ! Quel beau fleuve révolutionnaire ! ».

Au total, en Vendée, sur une population de 815 000 habitants, 117 000 sont tués : les éléments du crime de génocide, tels que définis par la Convention de l’ONU de 1948, sont réunis (Golnadel, Sécher et Courtois). L’intention prouvée des révolutionnaires de Paris est bien d’exterminer totalement les populations de l’Ouest, et de les remplacer par d’autres populations, jugées en harmonie avec les malades mentaux de Paris.

En Bretagne, il est malheureusement impossible, pour le moment, d’établir un bilan des disparus, tués, torturés.

A Nantes, on parle de 4000 à 5000 noyades ; le total des victimes dépasse sûrement plusieurs dizaines de milliers pour tout le pays.

Voici maintenant qui constitue pour les Bretons de 2008, une révélation effrayante : le génocide des Bretons est programmé par Robespierre, malade mental avéré, dont le nom orne encore de nombreuses rues, places et divers lieux (travaux de Reynald Secher, communiqués aux auteurs, aujourd’hui rendus publics). Les Bretons d’aujourd’hui doivent peut-être d’exister grâce à l’exécution de Robespierre.

Parmi les centaines de phrases prononcées par ces dérangés mentaux, on cite volontiers celle de Carrier :

« Nous ferons de la France un cimetière, plutôt que de ne pas la régénérer à notre façon ».

Et celle du général Westermann, passée à la postérité par l’horreur qu’elle suscite, qui commande les armées à Savenay, en Bretagne, en 1793 :

« Il n’y a plus de Vendée; elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants Je viens de l’enterrer dans les marais de Savenay. J’ai écrasé les enfants sous les pieds de mes chevaux, massacré les femmes, qui n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé… Les routes sont semées de cadavres ; il y en a tant qu’en plusieurs points, ils font des pyramides ».

L’imagination des français dans l’accomplissement des atrocités fait même appel aux ressources de la science.  Pour faire plus vite et plus fort, on fait appel à des chimistes : bien avant les nazis, on imagine de mettre au point des gaz mortels. Le chimiste Fourcroy, député à la Convention, est chargé de les fabriquer – afin, dit un humoriste nantais de « tuer les femmes, les chiens et les chats de Vendée et du comté de Nantes, s’il en reste ». Mais les essais échouent. Il faudra donc attendre les nazis pour développer la technique au niveau industriel. Fourcroy a été décoré du nom d’une rue à Nantes ! Jean-Marc Ayrault, maire de .. à … , n’a jamais eu la velléité de demander sa suppression. Pas plus qu’il n’a évoqué les abominations commises à Nantes sur ordre des malades mentaux de Paris.

Les bleus, toujours en avance, sont donc précurseurs, encore un fois, largement.

On est saisi d’incrédulité lorsqu’on apprend que les criminels nazis, que les criminels cambodgiens, n’exprimèrent, lorsqu’ils furent jugés, aucun remord, aucun regret. Ce qui s’est passé sous l’Allemagne nazie s’est passé en Bretagne et en Vendée : les monstres Robespierre, Carrier, Westermann, mis à mort à leur tour dans la folie meurtrière créée par la révolution, n’ont exprimé que le sentiment d’avoir fait leur devoir. Ces réactions incompréhensibles pour les humains « normaux », sont fréquents chez les criminels : à Nuremberg, les nazis essayèrent de sauver leur peau, mais n’exprimèrent aucun regret.

La France n’a toujours pas avoué ses crimes en Bretagne.

Tous ces faits sont ignorés en Bretagne, ils sont encore occultés, en 2009, et valent encore à ceux qui les dénoncent des injures. Il y a en Bretagne comme en Vendée, un crime de mémoricide, par la volonté affirmée de la France d’empêcher que la vérité soit dite. Les députés de France doivent d’urgence voter un texte de condamnation sans appel, comme ils l’ont pour les Juifs, les Arméniens, l’esclavage.

Les armées françaises et les armées turques, par l’horreur des abominations commises, sont à égalité. Les communistes ont été beaucoup plus efficaces, en nombre de victimes innocentes. Mais ils n’ont pas atteint ce degré d’abjection.

VOIR DANS GOOGLE : LIVRE BLEU DE LA BRETAGNE, téléchargeable gratuitement sur la toile, recommandé par vingt cinq sites dans le monde. 200 000 téléchargements ont été effectués à ce jour. Pas un seul média « subventionné » n’a dit un mot de cet ouvrage majeur.

LOUIS MELENNEC, défenseur féroce des droits de l’homme, du respect de l’être humain, des droits des peuples et de leur identité, auteur de cet article, est inscrit sur une liste noire, pour n’aimer que la vérité. Mais il occupe une place éminente sur internet, par quoi se fait l’information dans les états totalitaires.

Le présent article est destiné au Canada et aux USA. Il contient des extraits du livre bleu de la Bretagne, présenté à Bruxelles en 2009, lors du congrès annuel des nations persécutées par leurs Etats centraux.
Merci de le diffuser largement. Les faits ci-dessus sont une honte pour l’espèce humaine, qu’ils salissent dans sa totalité.

Nul doute que les sçavants, les experts et surexperts de Wikipédia, dont la science illumine l’Univers, vont s’empresser de faire savoir la Vérité au Monde.

Voir également l'article de L.M. sur le blog recours aux forêts, le lien ici : "Qu'estce qu'une nation"

vendredi 3 juin 2016

Un bel exemple d' "humanisme" animal

Je reçois souvent des demandes de partage de photos ou vidéos d'animaux torturés par l'Homme mais je me refuse généralement à les publier, non par sensiblerie mais parce qu'elles ne nous apprennent rien de nouveau sur l' "a-nature" humaine.

En revanche, l'étude et l'observation des animaux en dehors de ce complexe de supériorité exploiteur qui caractérise l'Homme sédentarisé, nous amènent souvent à reconsidérer les sentiments altruistes sont l'apanage du genre humain.

Ainsi du sentiment de compassion par exemple qui pousse ce chien à suivre puis stopper courageusement l'ambulance qui évacue son compagnon humain.

En fait je crois même que plus l'homme sombre dans une barbarie vis à vis du monde animal, y compris envers ses plus fidèles compagnons de vie, plus des animaux et même parmi ceux que nous appelons "sauvages", nous donnent des leçons d'humanisme et nous rappellent au respect qu'avaient les peuples anciens, même vis à vis de leurs élevages.

Les communautés païennes respectaient le monde animal chassé ou côtoyé au point de l'élever dans une dimension sacrée, y compris dans les sanglants sacrifices rituels. 
Mais l'anthropocentrisme de droit divin suggéré par les monothéismes à ouvert la porte à une dérive des rapports humains avec le Monde animal.

"Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l'assujettissez; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre". (Genèse 1/28)

Dès lors, le chemin du mépris et de la violence était ouvert et même béni aux imbéciles et aux cupides, qui malheureusement constituent un troupeau de plus en plus important chez l'"Homo oeconomicus"...

A ce verset halluciné de la Genèse, j'oppose la sagesse des anciens et, pour ne pas être taxé de "fanatisme anti-chrétien", je terminerai cette réflexion païenne par la prière de Giovanni di Pietro Bernardone, béatifié Saint François d'Assise et qui nous a laissé cette belle sagesse universelle (et non universaliste) qu'il faudrait rappeler aujourd'hui à nos coeurs desséchés et jusque dans nos sordides abattoirs....

Erwan Castel

Extrait du "Cantique des créatures" :

"Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,
spécialement, monsieur frère Soleil,
lequel est le jour et par lui tu nous illumines.
Et il est beau et rayonnant avec grande splendeur,
de toi, Très-Haut, il porte la signification.

Loué sois-tu, mon Seigneur, par sœur Lune et les étoiles,
dans le ciel tu les as formées claires, précieuses et belles.

Loué sois-tu, mon Seigneur, par frère Vent
et par l’air et le nuage et le ciel serein et tout temps,
par lesquels à tes créatures tu donnes soutien.

Loué sois-tu, mon Seigneur, par sœur Eau,
laquelle est très utile et humble et précieuse et chaste.

Loué sois-tu, mon Seigneur, par frère feu
par lequel tu illumines dans la nuit,
et il est beau et joyeux et robuste et fort.

Loué sois-tu, mon Seigneur, par sœur notre mère Terre,
laquelle nous soutient et nous gouverne
et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe."

Saint François d'Assise...



Source de la Vidéo 

Groupe FaceBook le lien ici : "Ethique et Animaux"
Video YouTube le lien : ICI 

samedi 28 mai 2016

La voix le plus bel instrument de musique !

"Il y a dans la voix, dans le regard, dans tout l'être de ceux que nous aimons, un fluide magnétique, une sorte d'auréole, non visible, mais sensible au toucher de l'âme, si je peux parler ainsi, qui agit puissamment sur nos sensations intimes."

George Sand ; Lettres d'un voyageur (1834)


mardi 10 mai 2016

Les adieux de la slave

Quand une chanson populaire devient un hymne mythique



L'"Adieu de Slavianka" (en russe : Прощание славянки, Prochtchanie Slavianki) est une marche patriotique russe, écrite par le compositeur Vassili Agapkine en l'honneur des femmes bulgares disant adieu à leurs maris en partance pour la Première Guerre balkanique. La marche fut représentée pour la première fois à Tambov en 1912 et sortit ensuite en disque. Slavianka signifie « slave » au féminin.

La mélodie obtint une rapide popularité en Russie, mais aussi dans les pays voisins pendant la Première Guerre mondiale, alors que les soldats russes quittaient leurs foyers au son de cette musique. Cette marche fut également utilisée comme hymne non officiel de l'Armée blanche de l'amiral Alexandre Vassilievitch Koltchak.

Symbole de la Grande guerre patriotique...

...devenu marche militaire traditionnelle

On crut longtemps[Qui ?], à tort, qu'en raison de son utilisation dans le film Quand passent les cigognes (1957), la chanson était bannie d'Union soviétique à cause de son association au régime tsariste et au mouvement contre-révolutionnaire. Ce n'était pas le cas. Cette marche fut publiée dans une collection non officielle de chants de l'Armée rouge, et elle fut réenregistrée au début des années 1940, par un orchestre militaire sous la direction d'Ivan Petrov (1906-1975). Cette marche était et est toujours fréquemment jouée lors des parades militaires sur la Place Rouge.

En conséquence, plusieurs compositeurs russes et polonais essayèrent d'écrire des paroles adéquates à cet air. Pendant les années 1990, le parti Iabloko fit pression pour que la marche soit adoptée en tant qu'Hymne national de la Russie, mais sans succès. Actuellement, la marche est reconnue comme hymne de l'oblast de Tambov. Les bateaux traversant la Volga et le Transsibérien, qui relie Moscou à Vladivostok, entonnent fréquemment cet air avant de partir. Le Train no 2, alors appelé « Ukraine », partait habituellement de Kiev pour Moscou au son de cet air."

Traduction française de la version de 1912

Lève-toi, Terre Russe, défends ta Foi !

Nous avons composé bien des chants dans nos cœurs
Glorifiant la terre natale.
Nous t'avons aimée quoi qu'il arrivât,
Toi, notre Sainte terre russe.

Tu as levé haut ta tête
Ton visage a rayonné comme le soleil.
Tu es devenu victime de la traîtrise --
par ceux qui t'ont trompée et vendue !
________

Refrain :

Une nouvelle fois, en avant !
Une nouvelle fois, le clairon nous appelle !
Une nouvelle fois, nous grossirons les rangs
Et marcherons tous vers la sainte bataille.
Lève-toi, Terre Russe, défends ta Foi !
________

La Sainte Russie attend la victoire.
Répondez, défenseurs de la foi Orthodoxe !
Où est votre Ilya,
Où est Dobrynia ?
La mère appelle ses fils.
________

Nous sommes tous les enfants d'une Grande Puissance,
Nous nous souvenons tous des commandements de nos ancêtres :
Pour le Drapeau, l'Honneur, la Gloire,
N'ayez de pitié ni pour vous ni pour l'ennemi.

Lève-toi, Russie, de ta prison d'esclave,
L'esprit de la victoire t'appelle : il est temps de partir à la bataille !
Levez vos étendards
Pour le Vrai, le Beau, et le Bien.
_______

Et pour finir l'interprétation émouvante faite par la chanteuse Zara accompagnée de Pevtsov, certainement celle que je préfère...

La chanteuse Zara en duo avec Dmitry D.Pevtsov


jeudi 28 avril 2016

Relier l'Homme à la Nature


Dans sa folie anthropocentriste, l'Homme a voulu briser les liens qu'il doit conserver avec la Nature s'il veut survive tout simplement.

Pire que cela il a voulu la dominer, la soumettre à sa folie arrogante et suicidaire : "Dieu créa l'Homme à son image" "croissez et multipliez, soumettez la création à votre volonté"... Les religions abrahamiques sont aussi hypocrites que nos partis politiques se disputant le même pouvoir d'imposer une pensée unique coupée de la vie naturelle.

Le paradis existe mais il n'est ni céleste ni financier mais bien autour de nous, et nous en sommes les gardiens, aujourd'hui corrompus par l'Orgueil et la Vanité incarnés dans la mentalité judéo-chrétienne imprégnant les temples de l'arrogance, qu'ils soient églises ou places boursières.

Je croise régulièrement les mêmes réflexions de fanatiques de la Croix qui oubliant leur Histoire, qu'elle soit chrétienne ou européenne veulent rallumer une guerre contre l'islam.
Lassé de ces laïus qui prétendent que "les racines de l'Europe sont chrétiennes" ou que "l'Islam veut la destruction de l'Europe" etc.. je tiens ici a marquer mon dégoût pour ce genre d'arguties fallacieuses et haineuses....

Pas plus que l'Islam, la religion chrétienne ne peut prétendre faire sienne la terre d'Europe et encore moins affirmer que "les racines de l'Europe sont chrétiennes". Cela reviendrai à dire que les racines de la Russie sont bolchéviques. Non si on ne peut contester dans l'Histoire européenne la marque (et les griffures) de la religion chrétienne, en aucun cas elle ne peut être fondatrice de l'identité civilisationnelle occidentale. Tout simplement car elle n' y est pas endémique, étant une religion migrante venue d'un désert envahir nos forêts. Quant à la civilisation européenne, n'en déplaise aux théologiens égocentriques qui réinitialisent le calendrier sur leur prophète tutélaire, elle est multimillénaire et n'a pas attendu la naissance du nazoréen Joshua pour s'épanouir sur les placîtres des temples greco-romains.

Au contraire, le Christianisme paulinien pour s'imposer en Europe a toujours cherché à lutter contre la Tradtion occidentale pour mieux la remplacer et se l'approprier.

De la destructions des temples et des arbres sacrés, des croisades européennes ou coloniales au bûchers de l'Inquisition et jusqu'à la position récente du Vatican en faveur d'une migration étrangère massive, l'Église chrétienne s'est attachée à vouloir remplacer la Tradition protéiforme, par ses dogmes autoritaires et réducteurs.

Erwan Castel



« La femme est beaucoup plus responsable de l’avenir que l’homme. Elle représente le berceau du peuple qui naît. »

■ Saint-Loup (Marc Augier)

Autriche, un peuple d’Europe qui vit ses traditions !
Une culture enracinée et évolutive qui se vit au quotidien. Sans aucun Folklore packagé, lyophilisé et marketé par de pâles reproduction de rites et de pratiques traditionnelles au service d'une société du divertissement pour touristes en mal de sensations à bon marché !
La République du Mont-Blanc 


 Dominique Venner (1935/2013)

« Chaque peuple porte une tradition, un royaume intérieur, un murmure des temps anciens et du futur. La tradition est ce qui persévère et traverse le temps, ce qui reste immuable et qui toujours peut renaître en dépit des contours mouvants, des signes de reflux et de déclin. »

« La tradition est un choix, un murmure des temps anciens et du futur. Elle me dit qui je suis. »

« Vivre selon notre tradition, c’est se conformer à l’idéal qu’elle incarne, cultiver l’excellence par rapport à sa nature, retrouver ses racines, transmettre l’héritage, être solidaire des siens.” »

« La tradition, ce n'est pas enterrer des cendres dans une urne, mais rapprocher le feu du but et le nourrir, tel un porteur de flamme olympique. »


 Gustav Mahler (1860 - 1911)

« Aux garçons, on leur dit d’apprendre d’abord leur culture, ensuite celle des autres. Et je leur conseille de continuer à préserver notre culture. Chez nous, la vie des femmes est très différente, elles travaillent aux champs, à la maison, transmettent aux filles leurs connaissances. C’est très important que les femmes continuent à avoir un comportement traditionnel. Il faudrait que les Européens mangent ce qu’ils produisent sur leur propre sol. C'est la raison même du combat, et le nerf de la guerre, c’est l’argent. »


lundi 25 avril 2016

Définition du paganisme


En ces temps d'incertitude, de plus en plus d'esprits libres imaginent sans toutefois revenir en arrière, retrouver les valeurs et l'équilibre que l'Homme entretenait autrefois avec la Nature et par conséquent retrouver l'harmonie d'une destinée qui lui restait soumise par respect.

Le paganisme est certainement une des portes majeures pour engager l'Homme sur le chemin de la libération de sa conscience qui, des monothéismes au Monde moderne, a été soumise à  la dictature d'une pensée unique, soit religieuse,  soit politique.
Et cette spiritualité païenne, qu'un simplisme nomme trop facilement "polythéisme", en étant par définition "a-dogmatique" dispose pratiquement d'autant de définitions qu'il y a de croyants, car comme le soulignait Maurice Rollet : " il n'y a pas de paganisme, il n'y a que des païens".



Hans Cany a entrepris une quête idéologique constructive à la fois politique et spirituelle, et toujours en dehors des sentiers battus par le rouleau compresseur de la bien pensance. C'est un personnage qui peut déranger, et tant mieux car l'humanité consumériste et lobotomisée à besoin pour réagir de ces contradicteurs qui sont à la fois des miroirs dénonçant la réalité  de nos esclavages, mais aussi des fenêtres ouvrant sur d'autres mondes.

J'ai découvert récemment cette définition du paganisme signée Hans Cany, elle est passionnante et montre que ce rapport au divin que peut développer l'Homme est d'autant plus grand que sa liberté de penser et son sens critique ne sont pas entravé par des dogmes contraignants.

Erwan Castel, à Donetsk le 23 avril 2016

Article de référence : Warwulf blog

Ce qu'est mon (néo)paganisme

Par Hans_CANY dans Spiritualité le 5 Juin 2015 à 02:57

Lorsqu'est abordée la question de mes convictions "religieuses", le fait que je me définisse comme une sorte d'agnostique de sensibilité néopaïenne, me référant entre autres à diverses traditions anciennes, se heurte la plupart du temps à un solide mur d'incompréhension, lorsqu'il ne suscite pas instantanément d'irrationnels réflexes de défiance, voire d'hostilité ouverte. Réflexes nés au mieux de l'ignorance, ou au pire d'amalgames abusifs, de raccourcis douteux, ou de mauvaises interprétations. Aussi, il m'apparait aujourd'hui nécessaire de reprendre la plume, afin de résumer en quelques lignes les fondements de "mon" paganisme.


En guise d'introduction

Avant toute chose, il m'apparait indispensable de préciser que le terme de religion, même s'il dérive du latin religare signifiant relier (au Divin), est inapproprié en ce qui me concerne. Je lui préfère -et de loin- la notion de spiritualité. Le terme de religion évoque la notion d'église (ecclesia), de clergé organisé et/ou hiérarchisé, de corpus liturgique, cultuel et théologique clairement défini et délimité. Cela peut même, chez les religions dites "révélées", se manifester par l'affirmation de dogmes et autres carcans théologiques plus ou moins rigides. Autant de valeurs qui, d'où qu'elles proviennent, me sont fondamentalement étrangères.

Mes trois traditions païennes historiques de prédilection, celles avec lesquelles je me perçois le plus d'affinités conceptuelles et mentales, sont la tradition celtique (celtisme/druidisme), la tradition germano-scandinave (wotanisme/odinisme/asatru), et la tradition indienne (védisme/hindouisme). Pour autant, adepte d'un certain syncrétisme et toujours soucieux de ne point rétrécir mes horizons, je me refuse à m'enfermer exclusivement dans le cadre limité d'une seule d'entre elles, tout comme je me refuse à ne considèrer que l'une d'elles comme étant dépositaire de la Vérité ultime. En ce sens, je suis agnostique. Plus précisément, un agnostique de sensibilité (néo)païenne. De la sorte, et par exemple, n'étant que fort peu prédisposé à m'accommoder de structures de type clérical, je me réclamerai toujours plus volontiers du celtisme que du druidisme, du moins si ce dernier correspond bien à un sacerdoce structuré.

Pour l'immense majorité des personnes ne se reconnaissant dans le discours d'aucune religion particulière (athées, agnostiques, apostats), et à fortiori pour les personnes se trouvant sous l'emprise mentale de l'une des grandes religions monothéistes établies, le terme de "paganisme" apparait baigné d'une aura de mystère. Il évoque irrésistiblement le règne généralisé de la superstition la plus primitive, et l'obscurité d'époques lointaines, barbares, ignorantes, aux moeurs brutales... Le concept de polythéisme, quant à lui, demeure le plus souvent totalement incompris dans ses fondements-mêmes. Tel est le funeste résultat d'une campagne multiséculaire d'acculturation, de récupération, et de dénigrement systématique orchestrée par les institutions éclésiastiques toutes puissantes, et qui aura pour effet de rendre les foules profondément et durablement amnésiques quant à leur propre passé. Il convient donc aujourd'hui de résister, de contrer le plus fermement du monde le processus de désinformation, d'intoxication et d'abrutissement des masses savamment orchestré depuis des siècles par les adeptes des Religions du Désert, véritable hydre à trois têtes incarnant l'Ennemi millénaire. Ces institutions religieuses, soucieuses de préserver à tout prix leur monopole hégémonique, d'entretenir leur légitimité autoproclamée, et de maintenir intact le contrôle spirituel exercé sur leurs ouailles, ont en effet tout intérêt à entretenir le mensonge et la confusion au sujet des courants religieux et spirituels qui les précédèrent, et qu'elles réduisirent systématiquement au silence par les voies du feu, du sang, du fer, de la terreur, des massacres de masse et des persécutions.
L'heure est venue, aujourd'hui, de rétablir la vérité. Et de la redécouvrir...

Les bases de la conception païenne du divin se retrouvent peu ou prou chez toutes les formes de paganisme historique, du celtisme/druidisme au wotanisme/odinisme, de la religion gréco-romaine à la religion de l'Egypte antique, de celle des anciens Slaves à celle des peuples précolombiens, en passant par les multiples chamanismes d'Asie, d'Afrique, d'Amérique, d'Europe du Nord et de l'Est etc. Elles se retrouvent aussi dans une grande religion du monde très vivace aujourd'hui encore, et étroitement apparentée aux paganismes occidentaux puisqu'elle est une branche issue du même tronc civilisationnel commun, l'indo-européisme. Cette grande religion actuelle, c'est l'hindouisme, issu du védisme archaïque. Il est le cousin germain des paganismes de l'Europe antique. Enfin, ces bases de la conception païenne du divin se retrouvent aussi chez d'autres courants néopaïens d'émergence plus récente, comme par exemple les diverses obédiences de la Wicca, la Hedge Witchcraft (sorte de dissidence wiccane individuelle), ou encore les néo-animismes et autres néo-chamanismes divers.

Je m'attacherai ici à résumer en toute humilité les grandes lignes de "mon" propre néopaganisme, sans perdre de vue le fait qu'une large part des principes ci-dessous exposés s'appliquent également aux autres formes de paganisme, moyennant juste certaines variations ou adaptations, au gré de panthéons, de dialectes, de vocabulaires voire de socles civilisationnels plus ou moins différents. Au delà de ça, je tiens à souligner le fait que je n'entends décrire que ma propre conception, toute personnelle, du paganisme, laquelle ne sera sans aucun doute pas partagée par d'autres personnes. Je ne parlerai donc ici qu'en mon nom propre, et n'ai nulle prétention de m'exprimer au nom de tous les païens et païennes, néo ou pas.

Il est temps, à présent, d'entrer dans le vif du sujet.


Polythéisme ou panthéisme ?

Dès lors qu'est évoquée la notion de polythéisme, s'impose à l'esprit conditionné du profane tout un ensemble d'idées reçues et plus ou moins simplistes, dépeignant volontiers le vil païen idolâtre comme l'adorateur exalté d'une ribambelle sans fin de divinités aux noms bizarres, aux épopées improbables, et aux attributions abracadabrantes. Le polythéiste est alors perçu comme une sorte de superstitieux, croyant dur comme fer à l'existence concrète et individuelle de chaque divinité...imaginaire. Si la croyance stricto sensu en des divinités multiples et individualisées a pu être autrefois le lot du petit peuple, à l'éveil spirituel limité, il n'en fut pas nécessairement de même pour les castes de prêtres, d'initiés divers, ni pour les adeptes de certains "cultes à Mystères", tels par exemple les fameux Mystères d'Eleusis de la Grèce antique.

En ce qui me concerne, s'agissant de la nature intrinsèque du polythéisme, il serait sans doute littérairement plus approprié d'employer le terme de panthéisme. Qu'est-ce donc que le panthéisme, me demanderez-vous ?

Le panthéisme est une conception spirituelle identifiant "Dieu" -ou plutôt le Principe divin ultime- au Monde. Non pas au seul monde terrestre, mais à l'Univers tout entier, dans le mystère insondable de l'infiniment grand et de l'infiniment petit. Contrairement à l'enseignement dispensé par les monolâtries modernes (judaïsme-christianisme-islam), "Dieu", le Principe divin, n'est pas extérieur ni étranger à notre monde. Il n'en est pas davantage le créateur, puisqu'il est ce monde. Il est la Nature. Il est l'Incréé. Il n'est ni bon, ni mauvais. Ni masculin, ni féminin. Ni Un, ni multiple. Il est...tout ceci à la fois ! 

Il réside en chaque être, en chaque élément, en chaque chose. Chaque être vivant, animal (humain compris) ou végétal, et sans doute même chaque être minéral, renferme une parcelle du divin. Tout vibre, tout vit. Chaque être est habité par cette étincelle, cette parcelle du Principe divin qui lui prête vie. Ce principe, c'est celui de l'Un en Tout et du Tout en Un. En somme, il n'est pas aisé, à l'échelle de l'entendement humain, de décrire très précisément ce qu' "Il" est. En revanche, il est beaucoup plus facile d'établir ce qu'il n'est pas. Et en l'occurrence, compte tenu de ce qui précède, il ne saurait être conçu à l'image de l'Homme. Et réciproquement.

Les paganismes sont généralement des polythéismes, entendons par-là qu'ils honorent un grand nombre de divinités distinctes. A titre personnel, je considère simplement que chaque divinité incarne, symbolise une des énergies constituant notre monde, à laquelle s'ajoutent des attributions spécifiques. De là découle d'ailleurs la divinisation ancienne des forces créatrices et destructrices, complémentaires et indissociables, de Mère Nature. Ainsi, les peuples païens antiques plaçaient sous le patronage de dieux et de déesses de toutes sortes des phénomènes et des éléments aussi divers que le Soleil, la Terre-Mère, la fécondité et la vie, la mer, les montagnes, les forêts, les cours d'eau, les fontaines, le monde souterrain, le tonnerre et la foudre, le monde animal, le feu... Même si, dans la pratique, certaines divinités revêtaient en fait un caractère plus ou moins polyvalent au niveau de leurs attributions, certaines pouvant même s'avérer, dans quelques cas, plus ou moins...interchangeables.

A mon sens, chacune de ces divinités n'est en réalité qu'une hypostase, une émanation, l'incarnation symbolique d'une manifestation spécifique de l'Incréé, du Principe divin. Je ne crois pas en l'existence des dieux et des déesses en tant qu'entités réelles et indépendantes. Partant, je ne crois pas non plus au formes anthropomorphes sous lesquelles ces divinités sont parfois représentées, formes toutes symboliques, et dont l'aspect extérieur, qui relève du volet exotérique, ne doit pas faire oublier la signification profonde, d'ordre ésotérique. Qu'on se rassure de suite, je ne suis pas de ceux qui s'attendent à tomber nez à nez avec Cernunnos en personne, un beau jour, au détour d'un bois !

Non, pour moi, les dieux et les déesses, réels en tant que concepts, n'ont pas d'existence matérielle, ni même individuelle, propre. Ils et elles sont parties intégrantes du grand Tout, du Principe divin ultime, de l'Incréé. Appelons comme il nous plaira ce qui, de toute façon, dépasse les capacités d'entendement de l'esprit humain. Il fut sans doute désigné jadis, en des temps fabuleusement reculés, comme "Celui-qui-ne-peut-être-nommé". Plus tard, ce sont sans doute des initiés médiévaux, dépositaires secrets de fragments de l'ancienne tradition celtique, qui en perpétuèrent la notion en le dissimulant sous l'énigmatique figure symbolique -christianisée- du Graal. Ce fameux Graal qui s'apparente de façon si troublante au chaudron d'immortalité du Dagda chez les Celtes irlandais, ou de Dagodeos chez les Celtes gaulois. Un chaudron d'immortalité dont procède le début et la fin de toute vie, de façon cyclique, ainsi que semble bien le corroborer une représentation figurant sur le célèbre chaudron de Gundestrup.

Le polythéisme bien compris n'exclut pas le panthéisme, loin s'en faut. Le Principe divin, l'Incréé, place une parcelle de Lui-même en tout être. Il est donc présent partout, à commencer par en nous-même, et en tout ce qui vit, d'une façon ou d'une autre. On peut donc légitimement parler ici de panthéisme. Et l'on pourrait même aller jusqu'à parler de monisme, puisque le Principe divin dont tout émane ne constitue au final qu'une seule et même entité, à la fois une et multiple. 


Quel Principe divin ? 

Autant mes dispositions innées me conduisent tout naturellement à concevoir l'existence -pour moi évidente- d'une force suprême mais mal définie, que je désigne comme l'Incréé ou comme le Principe divin, autant mon esprit se refuse catégoriquement à admettre les schémas anthropocentriques et anthropomorphiques, lesquels ont, j'ai la faiblesse d'en être convaincu, quelque chose de pathétiquement puéril. Si divinité suprême il y a bien, la raison la plus élémentaire m'empêche de croire une seule seconde que l'entité en question puisse s'apparenter de près ou de loin à l'humanité, ni même qu'elle puisse être accessible à la prière humaine. Du reste, au nom de quoi une semblable entité devrait-elle se préoccuper des petites péripéties de l'espèce humaine ? Au nom de quoi devrait-elle se préoccuper de millions -ou de milliards- d'états d'âme exprimés individuellement ? 

L'anthropomorphisme consiste à attribuer des caractères humains à ce qui n'est fondamentalement pas humain. L'anthropocentrisme est l'idée reçue, présomptueuse entre toute, selon laquelle l'espèce humaine constituerait l'alpha et l'omega de toute chose, elle place l'être humain au centre de l'univers et au sommet de la Création. Les deux concepts, on le voit, sont pleinement identifiables ici. 

Je ne crois donc pas à l'utilité ni à l'efficacité de la prière adressée "aux dieux", pas même si elle s'adresse directement à l'Incréé. Libre à chacun, à chacune, d'être d'opinion différente. Mais en ce qui me concerne, je reste convaincu que chaque individu reste seul maître suprême de sa vie et de sa destinée, et qu'aucun déterminisme divin n'entre ici en ligne de compte. La meilleure façon d'honorer l'Incréé, c'est tout simplement d'avoir pleinement conscience de son omniprésence, de sa puissance de création et de destruction, et de ses diverses manifestations à travers la Nature et l'Univers tout entier.
Mais aussi en respectant -et en préservant voire protégeant au besoin- ce qui en procède.


Cycle des incarnations, loi karmique universelle, et métempsycose

Un autre des grands axes fondamentaux de "mon" paganisme repose sur le principe de la réincarnation ou métempsycose, s'inscrivant dans un cycle d'existences successives, ces dernières conditionnées par l'accumulation de bon et de mauvais "karma", et pouvant potentiellement être vécues sur des plans très divers. 

D'aucuns m'objecteront que la doctrine karmique, issue de l'hindouisme puis de son hérésie bouddhique, serait d'essence foncièrement orientale, et serait donc absolument étrangère aux doctrines spirituelles européennes. A ceux-ci je répondrai que rien n'est moins sûr. De nombreux indices permettent de présumer l'existence de semblables conceptions chez au moins une partie des druides celtes, lesquels auraient influencés en ce sens les pythagoriciens grecs. A moins que ce ne soit l'inverse. La question est controversée. Or, il est bien établi que Pythagore et ses disciples professaient, eux, la doctrine de la métempsycose et des cycles de vie, tout comme ils adhéraient à la vision des cycles cosmiques régissant le temps. La scène figurant sur le chaudron de Gundestrup, mentionnée plus haut, de même que l'interprétation -elle aussi controversée il est vrai- de certaines bribes de tradition celtique qui nous sont parvenues via des retranscriptions irlandaises et galloises, tout ceci peut raisonnablement laisser supposer que ce concept était en réalité très présent -sinon fondamental- dans le corpus de croyances des anciens Européens. Du moins, pour une partie d'entre eux. Ajoutons à cela qu'en se basant notamment sur les mêmes sources littéraires irlandaises et galloises, ainsi que sur les mythologies comparées, certains auteurs croient même déceler la trace plus ou moins cachée de la notion de karma dans la tradition celtique. Ce "karma" bon ou mauvais, s'accumulant en fonction des actes et du degré d'éveil spirituel de chacun, aurait ainsi, chez les druides, été désigné sous un nom spécifique : la baga.

Le philosophe grec Anaxagore avait en son temps formulé cette phrase : "Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau" . Il fut beaucoup plus tard repris par Lavoisier, auquel on doit la fameuse maxime selon laquelle, dans la nature, "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme".
Ma conviction personnelle est que non seulement le physique et l'organique se recyclent naturellement, mais aussi l'inorganique, l'impalpable, l'immatériel.

Selon moi, nous sommes formés de trois composants étroitement liés les uns aux autres, et non parfaitement séparés, contrairement à ce que professent les Religions du Livre. Ces trois composant sont le corps physique, siège de notre incarnation présente, l'esprit, qui conditionne notamment la mémoire, les réflexes, les émotions, ainsi qu'une partie de la personnalité, et enfin l'âme ("anatmon" en celtique continental ancien), siège de l'intelligence, parcelle à part entière du Principe divin, et émanation du souffle de vie cosmique. Après la mort, ma conviction intime est que l'esprit comme l'âme se séparent et quittent immédiatement le corps, ou n'y demeurent qu'un bref moment. L'âme demeure ensuite pendant un laps de temps plus ou moins prolongé "en transit", dans une sorte de monde ou de dimension intermédiaire. Puis elle poursuit un cycle de réincarnations, conditionnées par l'expérience des vies successives, et au terme duquel, parvenue à un certain degré de pureté, elle retourne se fondre dans l'Incréé dont elle est issue, ce que les bouddhistes et les hindous désignent sous le nom de Nirvana.


Une spiritualité ancienne en des temps nouveaux

Enfin, "mon" néopaganisme, quoique volontiers enraciné, ne se veut pas passéiste ni réactionnaire, mais bien au contraire moderniste, voire progressiste. A mon sens, il importe par-dessus tout de savoir faire preuve de discernement, en opérant une distinction saine et indispensable entre ce qui porte clairement la marque de son temps d'une part, et ce qui conserve une valeur intemporelle d'autre part, c'est-à-dire l'essentiel. Privilégions toujours le vieux fond stable et éternel, par rapport à la forme instable, datée, et fluctuante dans le temps.

Mon (néo)paganisme ne consiste pas à adorer des cendres, mais à préserver et à raviver la flamme. Ma quête spirituelle ne s'oriente pas dans l'espoir d'une quelconque résurrection, mais dans celui d'une renaissance salutaire, en phase avec notre époque. Les structures anciennes, sociales comme sacerdotales, appartient à un lointain passé, tout aussi mythique que révolu. Il serait vain de vouloir ressusciter des branches mortes depuis si longtemps, au risques, d'ailleurs, de n'arriver qu'à les singer piteusement. De même, certaines pratiques d'un autre temps, définitivement marquées du sceau de la barbarie, comme par exemple la pratique des sacrifices sanglants, sont non seulement à proscrire absolument, mais aussi à dénoncer et à combattre avec la plus vive détermination. Quelle que soit la voie spirituelle que l'on décide d'emprunter, l'élévation et l'évolution du genre humain ne pourront se faire qu'à ce prix.


Quelles célébrations ?

Les principales activités cultuelles de la plupart des courants néopaïens européens consistent en la célébration des solstices et des équinoxes, portes d'entrée des saisons, et surtout de quatre autres grandes fêtes qui graduent le cycle annuel. Celles-ci sont notamment la fête celtique irlando-britannique de Samhain, célébrée aussi en Gaule continentale sous le nom de Samonios, aux alentours du 31 octobre, marquant le début de la nouvelle année celtique, et étant le moment de l'année où le monde des morts et celui des vivants s'interpénètrent et interagissent. Une tradition perpétuée de manière plus ou moins déformée par Halloween, et que l'Eglise chrétienne aura récupérée pour en faire la "Toussaint", suivie de la "Fête des Morts". Imbolc, fête des Lustrations, qui se célèbre aux alentours du 2 février, est annonciatrice de la fin prochaine des rigueurs hivernales. Beltaine (chez les Celtes), ou la Nuit de Walpugis (chez les Germains), à la veille du 1er mai, célèbre pleinement le printemps et la nature renaissante. Lugnasad, aux alentours du 1er août, célèbre l'été à son zénith, ainsi que les moissons.

A cela s'ajoutent d'autres célébrations, notamment issues de la tradition germanique. Par exemple Yule (ou Jul), correspondant au solstice d'hiver, que les chrétiens ont récupéré pour en faire Noël en décalant simplement la date de quelques jours. Ou encore Ostara, fête printanière correspondant peu ou prou à la Pâque chrétienne, et célébrée aux alentours du 21 mars. Et la liste est loin d'être exhaustive. Comme on le voit, les célébrations diverses qui jalonnent le cycle annuel peuvent être nombreuses !

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Nous voici donc à présent parvenus au terme de ce rapide survol de mes convictions dans le domaine métaphysique et spirituel, en espérant que sa lecture vous aura permis de vous faire une idée plus précise de ce qu'est -comme de ce que n'est pas- mon propre néopaganisme. D'aucuns m'accuseront peut-être de n'avoir formulé ici que des affirmations péremptoires, entrecoupées de pures spéculations. Fort bien. Mais n'est-ce pas là le lot de toute conviction religieuse ou spirituelle, quelle qu'elle soit ? Tout système de croyance, par définition, ne s'appuie-t-il pas sur la simple base d'une intime conviction ? Après tout, quoi qu'en diront mes détracteurs, mes croyances personnelles valent bien celles des autres...ou leurs incroyances ! Et ce, d'autant plus que je n'ai, en ce qui me concerne absolument aucune velléité de prosélytisme. Je n'ai, dans ce registre, pas davantage de leçons à recevoir qu'à donner. Que les dieux m'en préservent.

En guise de conclusion, on retiendra donc qu'à mes yeux, mon propre paganisme, celui que je me suis bâti en esprit libre et indépendant, constitue l'expression d'une spiritualité de la Nature, doublée d'une philosophie de la Vie.

Hans CANY
4 juillet 2014 E.V.


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