vendredi 28 juin 2013

La musique adoucit les mœurs !

Les Trois hussards...

En publiant sur l'éphéméride, l'article évoquant l'attentat de Sarajevo et la guerre de 14-18, une musique est venue dans ma mémoire apporter une note plus joyeuse à ce rappel dramatique de notre Histoire européenne... 

Il s'agit de la scène finale des "les sentiers de la gloire",  film réalisé par Stanley Kubrick en 1957. Ce film fut d'abord auto-censuré sous la pression d'un public stigmatisé par cette période de son histoire et qui refusait  la critique de l'Etat Major qui y est faite. Lorsqu'en 1975, l'éloignement des événements commençait à calmer les esprits, le film fut enfin projeté devant un public qui y a vu alors, plutôt qu'un antimilitariste primaire, d'abord une tragédie humaine, où le courage et la folie dansent au milieu de l'horreur.

Mais, tout soulignant l'absurdité de cette guerre fratricide, Stanley Kubrick signe ce grand film par une note d'espoir dans cette âme européenne que la guerre a déchirée, mais que le chant vient cicatriser par delà les différences culturelles superficielles...

Séquence finale - "Les sentiers de la Gloire" 1957

Mais c'est un film ! me direz vous... et bien sachez que la réalité parfois dépasse la fiction, comme dans ce combat de Saint Cast se déroulant en 1758 pendant la guerre de 7 ans, dans la région de Saint Malo. Sur la plage,  le 11 septembre 1758, les troupes franco-bretonnes du Duc d'Aiguillon s'opposèrent aux forces anglo-galloises du général Thomas Blight
Ce combat important qui laissa sur le terrain plus de 2000 hommes, est entré dans la légende par le chant  traditionnel rapportant l'événement  et recueilli par Hersart de la Villemarqué dans le "Barzaz Breizh"  publié en 1839. Dans ce recueil de chants populaires de Bretagne, le combat de Saint Cast est immortalisé dans un chant appelé "Emgann San Cast"...

Le succès du chant tient à la tonalité panceltique qu’il développe, notamment à travers le motif d’une fraternisation brito-galloise: alors que les deux armées s’apprêtent à entamer le  combat, Gallois et Bretons se reconnaissent des racines communes à travers un chant de guerre compréhensible dans leurs deux langues, qui les fait renoncer à se battre malgré les ordres des officiers. (Source : "Chanson politique et histoire", le combat de sainbt cast Eva Guillorel 2010) 

La bataille de St Cast par Artus Despagne - 1850

28 juin, le feu aux poudres...

28 juin 1914

L'attentat de Sarajevo


Illustration de l'attentat de Sarajevo
Le 28 juin 1914, lors d'une visite à Sarajevo, l’archiduc François-Ferdinand, héritier de l'empire austro-hongrois, est victime d'un attentat meurtrier perpétré par  "la Main Noire", une société secrète liée au gouvernement du Royaume de Serbie. 

L'Autriche Hongrie accuse la Serbie mais c'est  l'ensemble de l'Europe qui, par le jeu des alliances aux deux pays, s'engage alors dans une escalade de réactions de plus en plus violentes qui aboutissent le 1er août 1914 au déclenchement du conflit le plus meurtrier de l'Histoire. Ce conflit marque le début historique du XX° siècle. 

La "Grande Guerre" ainsi nommée par ses survivants, entraînera les peuples européens pendant 4 ans dans des combats aussi violents que fratricides. Ce chaos sèmera 9 millions de tombes sur les collines ravagées de l'Europe, et mutilera plus de 20 millions d'hommes, auquel il faut rajouter le génocide des arméniens (environ 1 million de morts). 

Et après la guerre, le martyr des populations continuera, avec la guerre qui se prolonge localement jusqu'en 1923, la grippe espagnole (plus de 30 millions de morts), la Révolution bolchevique (plus 10 millions de morts) et ses "purges"(plus 2 millions de morts) etc... avant que la fournaise du Deuxième conflit mondial ne vienne prendre le relais. 

L'Europe signe ainsi par le sang son entrée dans le XX° siècle, et  aujourd'hui il est admis par tous,  que l'ouverture de cette danse macabre est donnée à Sarajevo ce 28 juin 1914. L'attentat contre l'archiduc d'Autriche- Hongrie est cette "étincelle qui met le feu aux poudres" et dont l'incendie meurtrier brûlera sous diverses formes et intensités dans le monde, jusqu'à la chute du mur de Berlin, 85 ans plus tard.

"La guerre n'est pas instituée par l'homme, pas plus que l'instinct sexuel ; elle est loi de nature, c'est pourquoi nous ne pourrons jamais nous soustraire à son empire. Nous ne saurions la nier, sous peine d'être engloutis par elle."
Ernst Jünger, "La guerre comme expérience intérieure"


Peu de temps avant sa mort volontaire, Dominique Venner, évoquait cet épisode dramatique dans un éditorial de sa revue d'Histoire, et dont la relecture, laisse transparaître l'état d'esprit qui allait le conduire à se sacrifier...

"Un samouraï d’Occident"

Edito de la Nouvelle Revue d’Histoire n°64 – janvier-février 2013

Dominique Venner 1935-2013
"Exister c’est se vouer et se dévouer. Mais mourir, c’est parfois une autre façon d’exister. Exister face au destin. Voilà bien un paradoxe digne d’un samouraï d’Occident qu’illustre notre dossier consacré à « La fin des Habsbourg ». Paradoxe, mais vérité. Un exemple, celui de l’archiduc François-Ferdinand, assassiné à Sarajevo le 28 juin 1914. Si l’on en croit son récent biographe, Jean-Paul Bled, l’archiduc héritier n’avait pas toujours la sagesse politique de son oncle, l’empereur François-Joseph. Les conséquences de l’attentat de Sarajevo eurent de telles proportions géantes qu’il est impossible d’imaginer ce qui serait advenu de l’Europe et de l’empire des Habsbourg sans cet assassinat. Une seule certitude, le vieil empereur François-Joseph se serait éteint de toute façon le 21 novembre 1916, et François-Ferdinand lui aurait alors succédé. Avec quelles conséquences ? Nous l’ignorons. Quel souvenir aurait-il laissé ? Nouvelle inconnue. Un fait demeure. La mort dramatique de l’archiduc héritier a donné à son personnage une densité exceptionnelle que plus rien n’est venu modifier. C’est un paradoxe qu’aurait compris le Japon des samouraï autant que la haute Antiquité européenne toujours à redécouvrir.

Par la voix de leur poète fondateur, nos anciens âges avaient la conscience forte de ce qu’ajoute une mort dramatique à l’image du défunt. Ainsi parle Hélène : « Zeus nous a fait un dur destin afin que nous soyons chantés par les hommes à venir » (Iliade, VI, 357-358). Ainsi parle également Alcinoos, roi des Phéaciens, pour consoler Ulysse qui pleure ses camarades morts : « Si les dieux ont infligé la mort à tant d’hommes, c’est pour donner des chants aux gens de l’avenir » (Odyssée, VIII, 579-580). Donner des chants, autrement dit des poèmes, cela signifie transcender le malheur en œuvre d’art. Ce fut une constante de l’imaginaire européen pour qui les grands drames font les grandes sagas. Achille était d’une vitalité extrême, pourtant, il fit le choix d’une vie brève et glorieuse, plutôt que d’une existence longue et terne (Iliade, IX, 410-417). Le héros était d’ailleurs sans illusion sur ce qui survient après la mort : « La vie d’un homme ne se retrouve pas ; jamais plus elle ne se laisse saisir, du jour qu’elle est sortie de l’enclos des dents » (Iliade, 408-409). Plus tard, réduit à l’état d’ombre aux Enfers, il dira à Ulysse que l’éternité lui semble d’un ennui mortel. Opinion partagée par Ulysse lui-même. Dans l’Odyssée, le héros éponyme se voit proposer par la nymphe Calypso une vie éternelle et voluptueuse à ses côtés. Contre toute attente, il refuse, préférant son destin de mortel et choisissant de retrouver sa terre et son épouse Pénélope pour mourir à ses côtès (Odyssée, V, 215-220).

La mort n’est pas seulement le drame que l’on dit, sinon pour ceux qui pleurent sincèrement le disparu. Elle met fin aux maladies cruelles et interrompt le délabrement de la vieillesse, donnant leur place aux nouvelles générations. La mort peut se révéler aussi une libération à l’égard d’un sort devenu insupportable ou déshonorant. Elle peut même devenir un motif de fierté. Sous sa forme volontaire illustrée par les samouraïs et les « vieux Romains », elle peut constituer la plus forte des protestations contre une indignité autant qu’une provocation à l’espérance. Certes, la mort de l’archiduc François-Ferdinand ne fut en rien volontaire. Mais tous les témoignages recueillis sur le drame de Sarajevo prouvent que, durant cette journée fatale, il regarda plusieurs fois la mort dans les yeux sans jamais ciller, comme un samouraï. Ainsi, de celui que l’on perçoit habituellement comme une victime, par la force de ma pensée différente, je fais un héros."
 Dominique Venner

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Et le 5 février 2013, Dominique Venner précisait sa pensée dans une réponse à un de ses lecteurs

Yukio Mishima écrivain japonais né en 1925,
il s'est donné la mort par seppuku en 1970
"Je reçois le message d’un lecteur troublé semble-t-il par mon éditorial « Un samouraï d’Occident » du n° 64 de La Nouvelle Revue d’Histoire, dont le dossier est consacré à « La fin des Habsbourg ». Je vais citer ce message et lui répondre. Ce message m’offre l’occasion de préciser mon regard sur certaines choses importantes de la vie.

Je commence donc par reproduire le message de mon correspondant. Il est concis : « Comme toujours, écrit-il, j’ai lu attentivement l’éditorial de votre n° 64 intitulé « Un samouraï d’Occident ». Je me suis interrogé. Qui est ce samouraï ? Est-ce l’archiduc François-Ferdinand de Habsbourg, assassiné à Sarajevo, ou serait-ce Dominique Venner ? »

Et maintenant, voici ma réponse :

Dans cet éditorial, je rends hommage à l’archiduc François-Ferdinand de façon  inhabituelle. D’une victime, je fais en quelque sorte un héros, ce qu’il méritait bien. Ce regard différent est en accord avec ma façon de percevoir les choses de la vie et de l’histoire. Tel a été, je pense, dès l’enfance, mon instinct profond conforté ensuite par la méditation de l’Iliade. Le poète y décrit un grand malheur, la mort de guerriers « livrés aux oiseaux de proie » puis la destruction de Troie. Mais il transfigure ce malheur en œuvre d’art. C’est le sens profond du poème. L’Iliade commence par l’évocation de la « colère funeste » d’Achille, trame de tout le poème, colère qui « jeta chez Hadès tant d’âmes fières de héros ». De ce malheur, Homère fait le prétexte d’un poème épique sans pareil. J’admire ce retournement d’un malheur en manifestation de la beauté pure. C’est un trait constant du meilleur de l’âme européenne qui transpose par exemple de grandes défaites en sagas, les Thermopyles ou Roncevaux, Waterloo ou Dien Bien Phu. Mais cette disposition d’esprit ne se cantonne pas aux épopées militaire. Notre littérature, de l’Antigone de Sophocle à La Princesse de Clèves de Madame de La Fayette, magnifie des destins tragiques et courageux.

Si je reviens à mon éditorial, parlant comme je l’ai fait de la mort de l’archiduc François-Ferdinand, en l’héroïsant, sans doute ai-je souhaité contribuer comme souvent à réveiller chez quelques-uns une culture du courage qui fut effacée en Europe après la Seconde Guerre mondiale et plus encore après les années 1960."

 Dominique Venner

jeudi 27 juin 2013

Quand les guerriers dansent...

"Que soit bénie la flamme des épées claires qui défendent notre Patrie,Que soient bénis les horizons lointains des expéditions en mer Noire."

Maxime Rylsky  "Pour la Patrie",1941


Le vrai soldat ne porte pas qu'une arme en échange d'une solde, mais au fond de son coeur il est le gardien des valeurs et des traditions d'un peuple. Héritier de son Histoire il est alors ce guerrier fondateur de la seule et véritable aristocratie, qui de génération en génération doit conquérir chaque jour par ses actes de courage et de noblesse et respect  du peuple auquel elle a vouée sa vie...

Alors au cœur des combats ou dans la paix des foyers, le guerrier chante et danse vers l'ennemi ou l'ami, son sang s'unissant toujours au galop de son cheval de bataille qui porte son âme.
Erwan Castel, Cayenne le 27 juin 2013

Danse traditionnelle cosaque

26 juin, le dernier empereur d'Occident

26 juin 363

Assassinat de l'empereur Julien (331-363)...


"le plus grand homme qui peut-être ai jamais été", Voltaire.

Assassinat de l'empereur Julien le Philosophe
L'Histoire, est écrite par les vainqueurs, leur offrant ainsi la tentation humaine d'embellir leurs actions. Mais parfois, la haine dicte aussi leur témoignage qui alors humilie lâchement leur adversaire pourtant déjà à terre, alors le manque de noblesse du vainqueur, le rend indigne des lauriers que le sort de la bataille lui a décerné...

C'est ainsi que l’empereur romain Flavius Claudius Julianus, lâchement assassiné par un soldat romain chrétien. le 26 juin 363.. est communément désigné sous le nom insultant de "Julien l'Apostat" (L’apostasie signifie le renoncement consenti et réfléchi à faire partie d’une organisation religieuse).

Et pourtant, la vie de cet homme exemplaire, mort à 32 ans après seulement 20 mois de règne, force l'admiration et le respect et impose que lui soit rendu à jamais son autre nom de "Julien le Philosophe" donné par ses contemporains et qui révèle la sagesse de ses actes et de ses œuvres. 

Sa mort survenue tragiquement illustre bien la vie exemplaire de cet homme qui consacra sa courte vie à protéger et restaurer la pluralité païenne de l'empire désagrégé. Mais l'empereur Philosophe dut aussi revêtir l'armure et s'engager dans une campagne de résistance contre les Perses, enhardis depuis la mort de Constance II et qui contrôlaient alors les sources du Tigre et les portes de l'Asie mineure.

Après la bataille de Ctésiphon le 29 mai 363, et malgré la superbe victoire tactique des romains obtenue devant les murs de la cité, Julien est contraint, faute de moyens de lever le siège de la ville et de se replier le long du Tigre, harcelé par les troupes deu Roi Shapur.
L'empereur Julien reste au plus fort des combats, dans l'arrière garde l'arrière de son armée qui inflige de lourdes pertes à l'ennemi. Dans le secteur de Samarra, au centre de l'actuel Irak,  alors que l'arrière garde subit de violentes attaques, l'empereur Julien se précipite dans la mêlée au milieu de ses hommes galvanisés. 
Alors que l'ennemi est en déroute, Julien s'écroule vraisemblablement touché par un coup de lance donné par un soldat chrétien trahissant cet homme qui avait refuser de se soumettre à la religion chrétienne pour se tourner vers le Paganisme des traditions européennes...

Ainsi disparaissait le dernier grand Empereur romain et avec lui les rêves du monde antique...

Dans la vision erronée et manichéiste des vainqueurs du paganisme, Julien est faussement représenté comme un réactionnaire qui refuse l'évolution du monde social, politique ou religieux. 
Or il n'en est rien, car s'il voulait restaurer les rites anciens Julien agissait dans l'esprit de tolérance qui caractérise les polythéismes traditionnels et les platoniciens, tout en observant les nouveaux courants de pensée politique ou religieuse. Ainsi, pour ses réformes, Julien savait s’entourer des meilleurs esprits de son temps : Ammien Marcellin, le dernier grand historien latin, Libanios, le dernier grand rhéteur grec, Oribase, le dernier grand médecin de l’Antiquité, et le préfet philosophe Salutius. 


Claude Fouquet est l'auteur d'une passionnante biographie de l'empereur Julien : Julien, La mort du monde antique (1985, réédition : L'Harmattan, 2009, 366 pages, 32,50 euros).

«Quand, avec l’aide de Pierre Grimal, j’ai entrepris d’évoquer le destin de l’empereur Julien, c’est parce que, malgré la distance des siècles, je croyais comprendre les sentiments d’un homme qui voyait autour de lui s’effondrer les valeurs qu’il aimait. Mais au fur et à mesure que j’ai lu ses écrits et ceux de ses contemporains, je me suis aperçu que, loin d’être uniquement rétrospective, sa pensée était fortement imprégnée de christianisme, et que l’interprétation qu’il donnait de la pensée antique était proche de celle des Pères de l’Église, ses condisciples à Athènes, tels Grégoire de Nazianze, Basile de Césarée, et aussi de celle de Jean Chrysostome, rencontré à Antioche. Curieusement, il avait les qualités d’un saint chrétien : chasteté comprise. C’est sur le modèle de l’Église qu’il chercha à fédérer les cultes païens, qui avaient toujours été indépendants jusque-là» (Claude Fouquet)




Voici des extraits d'un texte de Christopher Gérard publié sur les blogs  "Erigénia" en 2010 et "Le chemin sous les buis" en 2013.

"Les amis de l'empereur Julien sont toujours des gens bien; et ses calomniateurs des canailles" G. Matzneff, Boulevard Saint-Germain, 1998

"Julien est admirable. Il y a toujours des moments dans la vie où son exemple fait chanceler" Michel Déon, lettre du 24 novembre 2002

Le 26 juin 363 mourait l'empereur Julien, "le plus grand homme qui peut-être ai jamais été" (Voltaire), tué à l'ennemi... mais par un javelot romain! Nul ne sait qui arma ce bras, qui priva l'Antiquité de son dernier grand capitaine et Rome de sa plus belle victoire depuis Hannibal: la chute de l'empire perse, son seul concurrent sérieux...

A Julien agonisant, ses amis les philosophes néo-platoniciens Priscos et Maxime d’Éphèse transmirent un oracle d’Hélios :


Quant à ton sceptre tu auras soumis la race des Perses,
Jusqu’à Séleucie les pourchassant à coups d’épée,
Alors vers l’Olympe tu monteras dans un char de feu
Que la région des tempêtes secouera dans ses tourbillons.
Délivré de la douloureuse souffrance de tes membres mortels,
Tu arriveras à la lumière éthérée de la cour royale de ton père,
D’où tu t ’égaras jadis, quand tu vins demeurer dans le corps d’un homme.

Ces quelques vers parurent réconforter l’Empereur qui expira à 32 ans, après un court règne de vingt mois. 

Né en 331 d’une vieille famille d’adorateurs de Sol Invictus, Julien assista à l’âge de six ans, au massacre de son père, de son oncle, de ses cousins, égorgés sous ses yeux sur l’ordre du chrétien Constance II. Seul survivant avec son demi-frère Gallus de ce carnage dynastique, il fut élevé dans la religion chrétienne, qu’il connut donc de l’intérieur avant de la combattre. Le surnom insultant d’Apostat (« renégat »), donné par des chrétiens, ne se justifie que dans une vision déformée de l’Histoire (parle-t-on de Constantin l’Apostat?) ; il est donc plus juste de l’appeler Julien le Philosophe ou même Julien le Grand, comme ses contemporains. Car Julien, « l’immense Julien » (G. Matzneff) ne fit que rejeter la religion des assassins de ses parents, qu’un baptême fort opportun avait, aux yeux du clergé, lavés de leurs crimes. »

L'immense Julien ne fit que rejeter la religion des assassins de ses parents, qu'un baptême fort opportun avait, aux yeux du clergé, lavés de leurs crimes. Après une enfance cloîtrée et studieuse, passée en Cappadoce dans l'amitié des livres mais dans la crainte constante d'être assassiné, Julien étudia la philosophie et la littérature grecque, qui achevèrent de le convaincre de l'imposture chrétienne. Dès 351, Julien est redevenu ce qu'il était depuis toujours: un adorateur des anciens Dieux, et tout particulièrement d'Hélios. [...]

À l'âge de vingt ans, sa conversion au paganisme consommée, Julien fréquente les cénacles païens, qui observent d'un oeil plein de sympathie pour ce jeune prince impérial dévoué à leur cause. Pour cette franc-maçonnerie qui rêve au retour des Dieux, Julien représente l'espoir de restaurer l'hellénisme, de sauver l'Empire de la décadence qui le mine. Supérieurement intelligent et lucide, rempli d'un amour aristocratique du passé et d'un mépris infini pour le présent chrétien, Julien, qui est aussi le dernier descendant de la famille de Constantin, mène alors la vie rangée du jeune philosophe, simple et accessible, d'où sa popularité, qui ne laisse d'inquiéter Constance II. Vers 350, le christianisme est encore minoritaire: les classes dominantes, l'intelligentsia, la haute administration, le corps professoral, l'armée, l'aristocratie, demeurent fidèles aux Dieux de l'Empire. Sous Constantin (306-337), les chrétiens ne représente que cinq pourcents de la population mais ils sont remarquablement organisés en une Église, qui est déjà un modèle d'opportunisme.

Les conversions sont souvent dictées par l'intérêt, comme celle de l'évêque de Pégase, adorateur en secret d'Hélios… Dans ce contexte, parler de "Crépuscule des Dieux", de "fin du paganisme" ne correspond nullement à la réalité: à l'instar de la civilisation romaine, on peut dire, en paraphrasant Piganiol, que le paganisme a été assassiné. [...]

Naturaliter paganus, le jeune prince a, très tôt, ressenti une répulsion instinctive pour la foi chrétienne, totalement incompatible avec son mysticisme panthéiste et solaire, son amour de la culture grecque, méprisée par les Galiléens. Primordial est le rôle joué par son pédagogue, Mardonios, qui fut pendant les années de jeunesse de l'orphelin, le seul adulte à lui témoigner de l'affection. Il semble qu'il y ait eu conversion à Mardonios, qui se mua en conversion à la Paideia hellénique, ce qui explique son refus du christianisme, en tant que contre-culture.

Après quelques courts moments passés à Athènes, où il se fait initier aux Mystères d'Eleusis, Julien se voit confier la défense des Gaules ravagées par les Barbares. Il y fait ses premières armes et montre des qualités militaires et administratives inattendues chez un rat de bibliothèque. Sa popularité ne cesse de croître, attisée par ses amis crypto-païens, à la tête desquels se trouve le médecin Oribase. Enhardi par ses premiers faits d'armes, Julien écrase les Germains près de Strasbourg: il est alors maître d'une Gaule pacifiée pour 50 ans. Il n'hésite pas à franchir le Rhin à plusieurs reprises, dernier César à porter les aigles impériales au-delà du fleuve. C'est dans sa chère Lutèce, dans l'Ile de la Cité, qu'il est proclamée Auguste à la mode germanique en 360 par les troupes celtiques révoltées.

Relisons ce qu'en dit Julien. Les hommes de Constance tentent de soudoyer ses partisans, mais "l'un des officiers de la suite de ma femme surprend cette surnoise manœuvre et me la révèle sans tarder. Quand il voit que je n'en fais aucun cas, hors de lui comme les gens inspirés par les Dieux, il se met à crier en public, au milieu de la place: Soldats, étrangers et citoyens, ne trahissez pas l'Empereur !

A ces mots, l'indignation saisit les soldats: tous accourent en armes dans le Palais, et là, m'ayant trouvé vivant, ils se livrent à la joie comme on le ferait à la vue inespéré d'un ami.

Ils m'entourent de tous côtés, m'embrassent, me portent sur leurs épaules. C'était un spectacle digne d'être vu: on se serait cru devant un divin transport". Ammien Marcellin décrit la façon, peu orthodoxe pour un Romain, dont fut couronné Julien: "On (les Celtes et les Pétulants) le hissa sur un bouclier de fantassin, et tandis qu'il se dressait bien haut au-dessus de la foule sans que personne fît silence, il fut déclaré Auguste; […] un certains Maurus retira la torque qui était son insigne de porte-étendart, et le posa avec une belle audace sur la tête de Julien"

Ce sont donc des corps francs celtiques, au courage reconnu, qui proclament le dernier empereur païen, sur le pavois comme un chef barbare et le coiffent d'un torque gaulois en guise de couronne. Image saisissante que ces Celtes du Bas Empire qui, comme leurs ancêtres de la période de Halstatt mille ans plus tôt, offrent un torque à leur chef. Quelle continuité! Que les descendants de ces guerriers qui résistèrent à César se révèlent -fascinant paradoxe- les plus fidèles soutiens de l'Empire quatre siècles plus tard m'émeut au suprême. J'y vois l'une de ces contradictions qui donnent leur sel à la vie: malgré l'immense tort causé par Rome, malgré la depopulatio et les massacres, malgré l'interdiction du druidisme sous Claude, des Celtes, fidèles à la parole donnée, se battent et meurent pour un suzerain dont ils se veulent les vassaux. 

À l'origine de ce pronunciamiento, l'activité souterraine et inlassable d'une sorte de fraternité groupée autour d'Oribase. La mort providentielle de Constance II le laisse seul maître de l'Empire en 361. Julien est libre d'adorer les Dieux en public et d'inaugurer une ambitieuse politique de restauration païenne. Lors de son arrivée triomphale à Constantinople, il est promu aux plus hauts grades du culte de Mithra, le Dieu perse né d'une vierge le 25 décembre, identifié au IVe siècle avec le Soleil Invaincu, principale manifestation de l'Être.

Toute sa vie, Julien respectera scrupuleusement la morale mithriaque, exigeante et chevaleresque: loyauté, maîtrise de soi, bonté et piété. Une des premières mesures de l'autocrate est de proclamer la liberté religieuse, pour les païens, dont les temples en Orient étaient pillés par le clergé, pour les hérétiques. Ces derniers sont libres de rentrer d'exil, de sortir de la clandestinité, à la grande fureur des orthodoxes.

Nulle persécution donc, comme l'a prétendu l'hagiographie ecclésiastique: tout simplement les chrétiens redeviennent des citoyens comme les autres. Pour le clergé, le temps du privilèges, du parasitisme des finances publiques, de la spoliation systématique est terminé. Quelques émeutes anti-chrétiennes éclatent en Orient, à Alexandrie par exemple.

Julien entreprend de réformer la Cour orientalisante de ses prédécesseurs: il supprime les postes inutiles ainsi que le cérémonial calqué sur celui des Sassanides pour revenir à une certaine austérité, une simplicité plus romaines. Car, fidèle à ses modèles Trajan et Marc-Aurèle, le jeune empereur aspire à un retour au principat libéral des Antonins avec un Sénat respecté, des cités autonomes. Tout le contraire de l'Empire centralisé et totalitaire des souverains chrétiens, leur police politique (les agentes in rebus) toute-puissante, leur administration tentaculaire, sans oublier le fisc...

Tout comme Marc-Aurèle, Julien pratique une politique de déflation, réduit les charges, répartit mieux les impôts, qui diminuent de 20%. Dans l'armée, il rétablit la discipline et veille au paiement régulier de la solde. L'avènement de Julien marque le début d'une authentique réforme intellectuelle et morale, d'un effort de recivilisation. En effet, le Prince éprouve, depuis toujours, une vive répulsion pour la violence physique et la répression aveugle, fait unique au IVe siècle, "époque où l'on a haï le plus" (Cioran).
Dans ce siècle de fer, Julien le Philosophe sera le seul souverain réellement tolérant, le seul à refuser les conversions forcées: "Pour persuader les hommes et les instruire, il faut recourir à la raison, et non aux coups, aux outrages, aux supplices corporels. Je ne puis trop le répéter: que ceux qui ont du zèle pour la vraie religion ne molestent, n'attaquent ni n'insultent les foules des Galiléens."

Pour lui, l'hellénisme est l'humanisme par excellence: le renier, comme le font nombre de Chrétiens de son temps, est à ses yeux le pire des crimes. Mille générations d'hommes, et non des moindres, Homères, Hésiode, les Tragiques, le divin Platon, seraient perdus à jamais pour n'avoir pas adoré le Christ ?

Idée impensable pour ce philhellène. Le "Tu n'adoreras pas d'autres Dieux", le "Je suis un Dieu jaloux" lui paraissent de purs blasphème et, à ses yeux, le Dieu d'Israël n'est qu'un Dieu national, celui des Hébreux. Il y a chez Julien un refus net de l'universalisme religieux. Déjà le polémiste Celse ironisait sur la révélation envoyée "dans un seul coin de la terre". L'arrivée tardive du novus Deus Galilaeus faisait les gorges chaudes païens anciens : Celse l'appelle "Celui qui vient d'apparaître". En fait, pour Julien, les Chrétiens, qui ne sont même pas fidèle au Dieu des Hébreux, sont des apatrides, qui n'ont point leur place dans vision hiérarchisée du Cosmos où chaque peuple a ses Dieux nationaux, qu'il appelle "ethnarques".

Au mois de Mars 363, aveuglé par le mirage oriental, l'Empereur lance contre la Perse la grande expédition dont il ne reviendra pas. Après sa mort, providentielle pour l'Église, son successeur, le chrétien Jovien, signe une paix honteuse avec les Perses, réduisant à néant les acquis de la campagne. Le clergé pavoise et les païens se terrent. C'est le début de la légende noire de Julien, qui durera mille ans. Pourtant, nombreux sont les chrétiens qui reconnaissent l'envergure exceptionnelle et le charisme de l'autocrate. Ses idées forment de la propagande païenne au Ve siècle et son prestige fait de lui le héros de la résistance au christianisme. Ses oeuvres continuent d'être lues à Byzances par des cénacles non-conformistes, qui perpétuent sa mémoire et recopient inlassablement ses manuscrits. En 1489, Laurent de Médicis fait représenter une pièce ou Julien apparaît comme le défenseur de la grandeur romaine et de l'hellénisme. Ses écrits sont alors publiés, devenant accessibles à toute l'élite cultivée.

Pour un Païen, contemporain, l'immense Julien demeure un modèle de droiture, de pureté, ainsi que le héros clandestin de notre culture. Comment ne pas partager l'opinion de Montaigne: "C'était, à la vérité, un très grand homme et rare, […]; et, de vrai, il n'est aucune sorte de vertu de quoi il n'ait laissé de très notables exemples"; ou celle de Montesquieu: "Il n'y a point eu après lui de prince plus digne de gouverner les hommes" ?
Christopher Gérard, « Parcours païen »


QUELQUES FRAGMENTS D'UNE VIE BRÈVE MAIS INTENSE
Julien II dit "l"Apostat"

ACTIONS SUR LE PLAN PHILOSOPHIQUE

Ayant été initié très jeunes à la culture grecque, et à la passion de la lecture, Julien suit plus tard des cours de philosophie à Athènes, où il côtoie Basile de Césarée et Grégoire de Nazianze qui deviendra son adversaire. Il a également étudié l’astronomie dans les traités de Ptolémée. Citant de mémoire Homère, Platon et Plutarque Julien resta toute sa vie un observateur politique attentif et combattant militaire audacieux, développant une pensée à la fois traditionnelle et pragmatique, 

- Il a écrit un ouvrage critique contre le christianisme, le "Contre les Galiléens" détruit par les chrétiens.

Adepte de la philosophie néoplatonicienne, on peut distinguer également parmi ses œuvres :

- des lettres à des amis ou à des personnages de son temps,

- des écrits satiriques ou polémiques : Les Césars, Le Misopogon, Contre Héracleios, Contre les cyniques ignorants,

- des écrits philosophico-religieux : Sur la Mère des dieux, Sur Hélios-Roi,

- des écrits politiques ou philosophico-politiques : Lettre à Thémistius, Lettre aux Athéniens

- des écrits rhétoriques : éloges de Constance (l'empereur, son cousin), d'Eusébie (impératrice, épouse de Constance), une consolation à soi-même.

ACTIONS SUR LE PLAN RELIGIEUX

A la mort de Constance, Julien veut s'opposer à l'hégémonie de la nouvelle religion adopté par ses prédécesseurs. Il propose dans un premier temps un retour au polythéisme et à la tolérance ou chacun, y compris juifs et chrétiens trouveront leur place.

- Il promulgua un Edit de tolérance en 362, autorisant toutes les religions, abrogeant également les mesures prises non seulement contre le paganisme mais aussi contre les juifs et chrétiens qui ne suivaient pas le credo d’inspiration arienne. 

- Julien repris le titre de Grand Pontife au sens originel, releva les temples, restaura les prêtres dans leur fonction. Il remplaça les notaires technocrates de Constance par des élèves de Libanius, et nomma de nouveaux gouverneurs, vicaires (responsable d’un diocèse subordonné au préfet du prétoire, mais supérieur au gouverneur) et préfets…choisis parmi les païens.

- Mais l'intolérance des chrétiens refusant la cohabitation avec les autres croyances,  il alla droit au but en promulguant des lois anti-chrétiennes, le 17 juin 362, comme les lois interdisant aux chrétiens d'enseigner la poésie classique parce qu'elle évoquait des dieux qu'ils refusent.

- En revanche, il refusa toujours les persécutions, (malgré quelques exécutions de soldats résistants), en affirmant que les chrétiens devaient reconnaître leurs erreurs par eux-mêmes.
Gibbon, dans Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain, parla du système très ingénieux utilisé par Julien afin de parvenir à ses fins sans être coupable de persécutions.
Ainsi, Julien avait une certaine considération pour les Juifs dont il reconstruisait le temple. En effet, pour lui, le christianisme étant une déformation du culte de Yahvé.

- Julien prit aussi modèle sur l’Eglise chrétienne afin de réformer les institutions païennes: il la hiérarchisa sous ses grands prêtres, assimilés à des évêques, chargés des sacrifices et les cérémonies, mais il créa également des institutions charitables et invita donc à pratiquer les vertus chrétiennes de charité envers les pauvres et les malades, d’ascétisme…

Julien désirait revenir à un système moins autocratique et plus conforme à la tradition républicaine : il était partisan d’un principat libéral.

ACTIONS SUR LE PLAN MILITAIRE

Travailleur acharné, Julien se soumet dés son éducation à un dur entraînement militaire, et cet intellectuel se révèle rapidement un excellent administrateur et un stratège efficace et un combattant courageux. 

- Installé à Lutèce (Paris), où l'armée le reconnaît "César des Gaules" il mène une campagne victorieuse contre les Alamans qui s'achève par une victoire éclatante à Argentorate (Strasbourg) en 357.

Mais a tension monte entre Julien qui vient d'être nommé Auguste et marche sur Constantinople où l'empereur Constance mourant, se résout, pour conserver le pourpre impérial dans la famille à le nommer malgré tout son successeur en 361.

- Julien s'engage alors sur le front oriental dans une campagne qui mènera son armée jusqu'à la capitale des Perses. Mais accablé par la chaleur du climat les réticences 'une partie de son armée, le manque de moyens logistiques amplifié par la politique de la terre brûlée des Perses, il doit battre en retraite et, le 26 juin 363, est mortellement blessé au combat. 

ACTIONS SUR LE PLAN POLITIQUE

Julien devenu empereur à la mort de Constance en 361, manifeste son intention de revenir à un empire de forme moins autocratique et plus conforme à la tradition républicaine du principat telle qu'elle existait sous Auguste. Son règne n'en reste pas moins autoritaire.

- Il réorganisa donc et assainit l’administration en réduisant le personnel du palais et celui qui était affecté à l’espionnage et la délation (les notaires).

- En accord avec son mode de vie sobre, il réduisit le cérémonial et l’apparat de la cour. Il expulsa notamment les serviteurs du palais.

- Il rendit au Sénat ses anciens privilèges : immunités fiscales et judiciaires.

- Il rendit aux curies (les lieux de rassemblement du conseil municipal en province) le droit de perception des impôts, les repeupla de personnes capables d’assumer financièrement cette charge et dispensa la curiale de chrysargyre (impôt reçu en métaux précieux).

- Il tenta de rendra la justice personnellement autant que possible et fit réduire le temps d’attente des procès ;

- Il essaya de réduire les charges qui accablaient certaines classes sociales, en s’opposant notamment aux arriérés d’impôts qui ne profitaient qu’aux riches. Il restitua également aux cités leurs biens communaux confisqués par Constantin.

Après avoir réorganisé la lourde administration impériale, il va s'installer à Antioche pour y préparer l’invasion de la Perse. Mais là, il se heurte à la nombreuse population chrétienne de la ville, qui lui manifeste son hostilité.

CONCLUSION

Julien fut le seul successeur de Constantin 1er à ne pas pratiquer la nouvelle religion. On lui prête ce mot apocryphe au moment de sa mort : «Tu as vaincu, Galiléen !», le Galiléen en question n'étant autre que le Christ.

L'empereur mérite mieux que cette mauvaise réputation. Jeune général toujours victorieux, mort au combat à 33 ans, il fut le plus intellectuel des empereurs romains, avec Marc Aurèle, son modèle...


Ctésiphon , en Irak, ancienne capitale des Perses

Sources principales :

-  www. Wikipédia 
-  www."Le chemins sous le buis", divers articles
-  www."Erigénia"
-  www.Hérodote.net
"Julien, La mort du monde antique", Claude Fouquet  (1985, réédition : L'Harmattan, 2009,)
-  www.Remacle, étude sur Julien
- www. histoirepourtous.canalblog.com


mercredi 26 juin 2013

26 juin, "Ich bin ein Berliner !"

26 juin 1963
JFK sur le mur de Berlin...
Un Vopo Est-Allemand tente de rejoindre le secteur français en 1961
Le mur de Berlin, symbole de la guerre froide, a été l'horizon de toutes les générations de l'après guerre, et sa chute, le 9 novembre 1989 marque la fin historique du XX° siècle, d'une Europe déchirée et divisée par des guerres fratricides.

A cette époque, nous attendions tous sous l'uniforme, "le matin du grand soir" et Berlin était le coeur de cette "Guerre Froide" ville divisée, balafrée par le mur de la honte depuis 1961, objet de toutes les attentions et des tensions les plus symboliques...

Le 26 juin 1963, depuis le balcon de l'hôtel de ville de Schöneberg, qui était alors le siège de la municipalité de Berlin-Ouest, située en secteur d'occupation américain, Kennedy prononce un discours célèbre et lance à la fin cette phrase devenue historique : "Ich bin ein Berliner !" ("je suis un berlinois !")


Extrait du discours de JFK à Berlin en 1963

« Il y a beaucoup de gens dans le monde qui ne comprennent pas ou qui prétendent ne pas comprendre quelle est la grande différence entre le monde libre et le monde communiste.
Qu'ils viennent à Berlin !
Il y en a qui disent qu'en Europe et ailleurs, nous pouvons travailler avec les communistes. Qu'ils viennent à Berlin ! Lass sie nach Berlin kommen !
Notre liberté éprouve certes beaucoup de difficultés et notre démocratie n'est pas parfaite. Cependant, nous n'avons jamais eu besoin, nous, d'ériger un mur pour empêcher notre peuple de s'enfuir. [...] Le mur fournit la démonstration éclatante de la faillite du système communiste. Cette faillite est visible aux yeux du monde entier. Nous n'éprouvons aucune satisfaction en voyant ce mur, car il constitue à nos yeux une offense non seulement à l'histoire mais encore une offense à l'humanité. [...]
Il y a 2 000 ans, la phrase la plus glorieuse était civis romanus sum (« je suis citoyen romain »). Aujourd'hui, dans le monde de la liberté, la phrase la plus glorieuse est Ich bin ein Berliner... 

Tous les hommes libres, où qu'ils vivent, sont citoyens de Berlin. C'est pourquoi, en tant qu'homme libre, je suis fier de dire : Ich bin ein Berliner ! »
JFK Berlin le 26 juin 2013

Le monde a bien changé, et les Etats unis qui protégeaient hier nos libertés, menacent aujourd'hui par leur système économique la civilisation européenne dont les valeurs se retrouvent défendues par la nouvelle Russie...

Mais cette phrase prononcée par l'un des plus grands Présidents des Etats Unis, reste dans les mémoires comme l'un des symboles les plus forts de la solidarité et la compassion  humaine quand la liberté est menacée quelque part dans le Monde....



Véronika - Jean Pax Méfret




Réinformation

La Voix de la Russie


Journal hebdomadaire - 17 juin 2013

Lien pour regarder le journal hebdomadaire du 17 juin 2013 : Voix de la Russie 17 juin 2013

Vous pouvez voir le sommaire du journal ainsi que d'autres médias de réinformation sur la page "Réinformation"

mardi 25 juin 2013

Oyez ! Oyez ! bonnes gens...

Nous sommes en dictature !

La "Pravda" (Vérité) au temps de l'URSS, ou la presse au service de la propagande totalitaire...

Nous vivons une époque étrange, aux rôles et valeurs inversées où les victimes passent pour des bourreaux et les voleurs pour des sauveurs...
La liste est longue, tant sur le plan national qu'international, ne serait-ce que récemment, de l'Irak et ses armes de destruction massives, aux homophobes de la manif pour tous, les mensonges du pouvoir global tente de cacher la tyrannie de sa pensée unique.

Des analystes observent et décortiquent les rouages du système, tel Alain de Benoist, Bernard Lugan, Michel Collon, Jean Claude Michéa ou Alain Soral, ils nous aident à faire tomber les masque de la dictature et surtout a préserver notre liberté de penser et notre sens critique de l'idéologie dominante...

" La dictature, c'est "ferme ta gueule". La démocratie, c'est "Cause toujours" " Coluche

Car ne nous y trompons pas, nous sommes en dictature !

Certes, cette dictature n'est pas de celles du passé, qui hérissaient des barbelés et semaient des charniers du Laos en Allemagne, de la Russie au Rwanda... 
Et pourtant... Ronsard disait, évoquant les métamorphoses de la vie "tout ce qui fut se refait"
Si les méthodes ont changé, les objectifs restent les mêmes: asservir le peuple en lui faisant croire que c'est pour son bien. 
Ainsi, la société de consommation organisée a remplacé la schlague et le knout, faisant passer les tyrans pour des bienfaiteurs généreux... "Panem et Circenses" comme disait déjà le poète Juvenal : donnez leur du pain et des jeux et le peuple sera content, il suivra aveuglément les lois des seigneurs dieux...

Depuis le début de l'ère moderne, nous avons glissé vers un monde bipolaire, manichéen, tant sur le plan politique que géopolitique : le monde est présenté comme un gigantesque western hollywoodien, avec les bons d'un côté et les méchants de l'autre ! 
Et l'évangélisation mondialiste, elle aussi s'est métamorphosée, le crucifix est remplacé par les "droits de l'Homme".

Dans cette manipulation des masses que nous subissons, la communication est plus importante que le discours (surtout quand le politique n'est plus capable d'en avoir !). 

La recette de la dictature moderne, pour imposer sa pensée au peuple hypnotisé devant ses écrans est simple et efficace, elle s'appuie sur 6 principes fondamentaux interactifs et qui permettent d'aliéner l'Homme :


1 / DIABOLISER L'ENNEMI

Le diable a été pendant des siècles, le meilleur rabatteur commercial du clergé romain engageant déjà le domaine spirituel vers un définition bipolaire. La tentation de diaboliser l'ennemi existe depuis longtemps mais atteint son paroxysme depuis le procès de Nuremberg. Depuis nous élevons des bûchers pour les Saddam Hussein, Ben Laden, Assad, et Poutine qui menacent le monde libre. Et à l'intérieur de nos saintes démocraties, la critique ne peut donc être que suspecte et doit être taxée par exemple d'antisémitisme ou d'homophobie ... c'est la "Reductio ad Hitlerum" ! 


2 / VICTIMISER L'AMI

Après avoir agit sur la peur, il faut agir sur la compassion naturelle, que 2000 ans de christianisme ont su dompter au profit des puissants. Il s'agit alors de "sauver le monde" de la famine, des tortures, des maltraitances et autres crimes dont souffrent les populations où nous intervenons; apportant à force blocus ou bombardement la panacée "droitdel'hommiste" universelle. Les libyens, égyptiens, irakiens, afghans ou syriens ont certainement du mal a partager notre conception de la "libération" !


3/ CACHER LES INTÉRÊTS

L'altruisme est loin d'être une qualité caractérisant notre monde moderne qui soutient aujourd'hui des régimes totalitaires ou en défait d'autres au gré de ses intérêts et de ses alliances économiques. Jamais dans les médias officiels ne sont évoqués l'uranium du Mali, ou le gaz de la Syrie, et pourtant, ce sont bien ces enjeux majeurs qui nous poussent aujourd'hui à jouer là bas aux apprentis sorciers, et à soutenir en même temps les dictatures saoudiennes ou qatari... 


4/ MANIPULER L'HISTOIRE

La connaissance de l'histoire des Hommes et des Idées permet d'échapper aux propagandes idéologiques des politiciens cupides. En effet l'histoire est la fondation de toute libre pensée, dévoile souvent le dessous des cartes et éclaire les événements à l'aune des idées et des mentalités.  C'est pourquoi les Etats ont cherché depuis longtemps à l'écrire, la contrôler et la travestir pour être glorifiés mais aussi mieux agir dans l'ombre. 
Cela nous conduits aux politiques mémorielles, dogmatiques et aveuglantes, qui nous font oublier les massacres perpétrés aussi  par les victimes désignées dans le passé, mais surtout  tolèrent, voire légitiment leurs crimes actuels:  par exemple la "Shoah" et la politique israélienne actuelle ou les répressions pendant la guerre d'Algérie et les massacres du FLN.
L'histoire présentée dans les médias ou les programmes scolaires n'est qu'une historiographie sélective, servant à coup de mensonges et d'omissions volontaires, l'idéologie au pouvoir et ses intérêts.


5/ CONTRÔLER LES MÉDIAS

Après avoir mis la main sur le système éducatif, via les formations des enseignants et les programmes scolaires, l'Etat contrôle le système médiatique, concentré dans quelques mains serviles et attachées aux intérêts mondialistes. Les rares médias dites d'opposition sont souvent tolérées soit dans une expression partisane extrémiste donc impartiale, ou pamphlétaire humoristique et divertissante donc peu sérieuse. Les journalistes qui défendent le principe de la liberté d'expression pour tous, ou qui essayent de stimuler la réflexion intellectuelle dans des débats d'idées, sont mis au ban de l'information contrôlée et se réfugient souvent sur la toile virtuelle, dernier espace de liberté et d'échanges.


6/ LÉGALISER LA PENSÉE UNIQUE

Le temps des parapluies empoisonnés du KGB ou de la caravane de la mort chilienne est terminé, dans les actes seulement, car aujourd'hui on légalise la tyrannie de  la pensée unique, par le biais de lois dogmatiques qui non seulement figent l'idée mais surtout empêchent sa contradiction.  
Il suffit après, de contrôler politiquement ou professionnellement les magistrats qui sont aux ordres du pouvoir plus que de la justice. Alors le système est verrouillé et protégé par son ministère, devenu celui de l'injustice, qui condamne avec sévérité ou indulgence les coupables, non pas pour ce qu'ils font mais pour ce qu'il sont (principe fondateur des génocides) , comme par exemple ses "jeunes" casseurs des banlieues coupables d'agressions physiques et de destructions volontaires mais relâchés sans condamnation, tandis que Nicolas, opposant politique est emprisonné pour "rébellion" après avoir pacifiquement manifesté contre le mariage pour tous...


Conclusion

La dictature que nous vivons est une des plus terribles, car elle se cache derrière des principes doucereux et hypocrites qui, s'ils ne détruisent pas brutalement les corps, attaquent insidieusement les esprits . 
Mais à mon avis, le plus grave, c'est que cette dictature est internationale, et au service d'un système économiste esclavagiste qui, pour le réduire à l'état de consommateur servile, déshumanise l'Homme en détruisant ses identités civilisationnelles fondatrices.

Cette stratégie orwellienne est lâche car elle s'appuie sur un simulacre de démocratie, limitée au seul suffrage universel qui n'est plus qu'un cirque politico-médiatique où les idées sont exclues des batailles de polochons et des déballages de poubelles. Du coup, le citoyen vote contre un comportement individuel privé plutôt que pour le porteur d'un projet sociétal public. Exit les idées et les débats constructifs, on procède à l'élection du "moins pire", à qui on signe un blanc seing jusqu'au prochain étripage. Exit les référendums on procède à des "sondages d'opinions" contrôlables dans leurs méthodes, leurs public et leurs résultats...

Entre dictature et démocratie, c'est le temps de la "démocrature"

Il nous faut libérer d'urgence de l'emprise du politique, l'Histoire des peuples et des idées afin que revienne la vraie liberté de penser et de débattre qui protègent les nations de l'anéantissement.

Une Britannique, Evelyn Beatrice Hall, dans un ouvrage consacré à Voltaire en 1906, lui prête cette phrase, mais qui correspond tellement bien à la pensée de ce grand philosophe de France : 

"Je désapprouve ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire". 

Il est fort à parier que Monsieur Arouet, s'il revenait en France écoperai de la part des bouffons qui se réclament de sa pensée,  plus de censure et de prison que ce qu'il a subi "aux heures les plus sombres de notre histoire".

Mais peut-être n'en sommes jamais sorti et que la vraie Révolution reste à faire ...

Erwan Castel, à Cayenne le 25 juin 2013


lundi 24 juin 2013

Dégénération !

Mes aïeux

Un triple ban ! 

Partout dans le monde des jeunes se lèvent, en hurlant ou en dansant pour s'opposer au rouleau compresseur de la mondialisation, tel nos cousins du Québec du groupe Mes Aïeux avec leur succès "Dégénération" ...

Quand j'l'écoute, "ça m'rend fou comme un balai !"

Dégénération - Mes Aïeux